Que disent vraiment les chiffres du baromètre France Num 2026 ?
Quatre entreprises sur dix utilisent l’intelligence artificielle. C’est 14 points de plus qu’en 2025 et trois fois plus qu’en 2024, année où elles n’étaient que 13 %. Les PME montent même à 53 %. L’édition 2026 s’appuie sur les réponses de 9 655 entreprises, dont 6 786 TPE, interrogées entre le 23 mars et le 18 avril 2026.
L’adoption gagne tous les secteurs, avec des écarts de un à quatre. Le numérique mène à 72 %, suivi des services spécialisés et techniques à 60 %, puis des activités financières à 46 %. Viennent ensuite le bâtiment à 30 %, le transport et la logistique à 29 %, l’agroalimentaire à 27 % et l’agriculture à 18 %, où la part a doublé en un an.
Pourquoi tant d’entreprises utilisent l’IA sans en tirer grand-chose ?
Parce que les usages restent simples, et souvent gratuits. Le premier usage est la génération de contenus, texte, voix ou image, cité par 34 % des entreprises. Suivent les assistants conversationnels et les chatbots à 24 %, l’analyse et la classification de documents à 13 %, l’automatisation des tâches à 11 %, puis l’analyse de données et la prévision à 9 %.
Seules 19 % paient une solution d’IA, une part qui atteint 32 % dans les PME. Le lien avec la satisfaction est net : 68 % des utilisateurs jugent l’impact positif, et ce taux monte à 84 % chez ceux qui paient. Attention, cela ne prouve pas qu’un abonnement crée de la valeur. Les entreprises qui investissent sont souvent celles qui sont déjà les plus avancées.
Reste un signal utile : la formation ne représente que 5 % des dépenses liées à l’IA, loin derrière les abonnements et licences à 17 %, les développements spécifiques à 3 % et les conseils à 2 %. Autrement dit, on achète beaucoup d’outils et très peu de savoir-faire.
Un dirigeant sur deux redoute la perte de données ou le piratage. À raison ?
Oui, les faits suivent la crainte. Cette peur concerne 53 % des dirigeants, un point de plus en un an et 16 points de plus en sept ans. Dans le même temps, 39 % des entreprises ont subi au moins un incident de cybersécurité sur douze mois. Les deux plus fréquents sont l’hameçonnage à 18 % et les virus ou logiciels malveillants à 8 %. Dans 65 % des cas, l’incident est réglé en interne, sans aide extérieure.
La protection progresse doucement. 84 % des entreprises ont au moins une mesure en place : antivirus à 80 %, sauvegarde des données à l’extérieur à 67 %, protection des locaux à 44 %. L’authentification multifacteur, la vraie barrière contre le vol de compte, ne couvre que 39 % des entreprises, même si c’est la mesure qui progresse le plus. L’assurance cyber ferme la marche à 23 %.
Où en sont vraiment les TPE en ligne ?
L’équipement de base stagne. 83 % des entreprises ont au moins une solution de visibilité en ligne, mais 64 % seulement disposent d’un site internet et 66 % d’un compte de réseau social gratuit. La vente ou le paiement en ligne recule à 34 %.
Pourtant le numérique pèse déjà sur le chiffre d’affaires. 46 % des entreprises tirent au moins 5 % de leurs clients d’internet, et 17 % réalisent plus de la moitié de leur chiffre d’affaires en ligne. Pour piloter, 76 % exploitent leurs données : logiciel métier à 51 %, tableur à 44 %, outil d’analyse à 19 %, intelligence artificielle à 5 %.
Par où commencer concrètement ?
Trois gestes avant tout le reste. D’abord la sauvegarde : une copie régulière des données hors du lieu de travail, c’est la mesure qui vous évite de tout perdre. Ensuite l’authentification multifacteur sur les boîtes mail, la banque et les réseaux sociaux, car l’hameçonnage reste le premier incident. Enfin, mesurer : si 46 % des entreprises tirent des clients d’internet, demandez-vous d’où viennent les vôtres.
Sur l’IA, gardez un cap simple. Choisissez un seul usage, par exemple rédiger les réponses clients ou trier des factures, fixez un indicateur de départ, et testez pendant un mois. La formation compte plus que l’outil, même si elle ne pèse aujourd’hui que 5 % des budgets. Un artisan d’Auxerre qui gagne deux heures par semaine a déjà réussi son virage. Une entreprise de Sens n’a pas besoin de tout changer, juste de sécuriser ce qui compte et d’automatiser une tâche répétitive.
Que mesure le baromètre France Num 2026 ?
L’édition 2026 recense les usages numériques et l’intelligence artificielle de 9 655 entreprises, dont 6 786 TPE, interrogées du 23 mars au 18 avril 2026. Elle couvre l’équipement, l’IA, la cybersécurité, les données, les dépenses et les projets des TPE et PME françaises.
Combien de TPE utilisent vraiment l’IA en 2026 ?
40 % des TPE et PME utilisent au moins une solution d’IA, contre 13 % en 2024. Chez les PME, la proportion atteint 53 %. Le plus souvent il s’agit d’outils gratuits de génération de contenus ou d’assistants conversationnels.
Pourquoi la cybersécurité inquiète-t-elle autant ?
Parce que le risque est réel : 53 % des dirigeants redoutent la perte de données ou le piratage, et 39 % des entreprises ont subi un incident en douze mois. L’hameçonnage arrive en tête, et seules 39 % des entreprises ont activé l’authentification multifacteur.
Par quoi commencer si mon entreprise n’a rien fait ?
Par trois gestes : sauvegarder les données hors du lieu de travail, activer l’authentification multifacteur sur les accès sensibles, et mesurer la part de clients venus d’internet. Ensuite seulement, testez un usage d’IA unique pendant un mois.
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